Le tour de table avançait. Chacun était appelé à se présenter et à préciser ses attentes. Au fur et à mesure que mon tour approchait, une certaine inquiétude me gagnait. J’étais manifestement la seule dans le groupe à ne pas être active, certes depuis très peu de temps. Qui donc étais-je aujourd’hui? Ma présence parmi tous ces professionnels était-elle encore légitime?
Je choisis de raconter brièvement mon parcours et, ayant ainsi évacué une certaine émotion, je fis part des questions et des thèmes qui m’intéressaient. Au bout du compte, ces deux jours d’étude me permirent d’examiner ma situation professionnelle passée sous un angle différent et de commencer à tourner la page. Je me rendis compte que ce que j’avais considéré jusque-là comme une crise avait constitué le début d’un renouveau professionnel.
Dans un monde où le travail occupe une place, la perte d’un emploi ne nous atteint pas seulement sur le plan économique, mais peut ébranler fortement la confiance, voire l’estime de soi. Le soutien de la famille et des amis joue bien sûr un rôle primordial face aux démons qui défilent: perte des repères, sentiment d’inutilité, autodénigrement, et bien d’autres.
Il est essentiel pour la personne concernée de s’adresser au plus vite à un professionnel, psychologue, conseiller en évolution de carrière, par exemple, qui pourra l’aider à reprendre pied et à trouver le moyen de s’échapper de l’obscur labyrinthe. Elle pourra ainsi retrouver la force de considérer cette crise comme une réelle chance.
Marie-Line Vuilleumier
Secrétaire pour la Suisse romande
Marie-line.vuilleumier@secsuisse.ch





